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1998 ANNEE INTERNATIONALE DE L’OCEAN
MESSAGE DU DIRECTEUR GENERAL DE L’UNESCO

Paris, 29 décembre {N°97-250} - L’importance de l’océan pour la survie de l’homme, les politiques et engagements nécessaires à sa sauvegarde et à celle de ses ressources pour les générations futures, les besoins de financement pour la recherche scientifique et la surveillance des océans figurent parmi les grands thèmes qui seront mis en vedette par la communauté internationale avec le lancement, le 1er janvier 1998, de l’Année internationale de l’océan.

C’est à l’initiative de la Commission océanographique intergouvernementale (COI) de l’UNESCO que l’Assemblée générale des Nations Unies a proclamé 1998 Année internationale de l’océan dès décembre 1994. Comme les autres années internationales, l’Année internationale de l’océan entend susciter, pendant 12 mois, une réflexion nouvelle, des débats et une prise de conscience sur un thème global que le système des Nations Unies, ses Etats membres et l’ensemble du monde considèrent comme digne d’une attention particulière.

En tant qu’agence chef de file de cette Année internationale de l’océan, l’UNESCO coordonnera et organisera l’essentiel du débat scientifique et des activités de sensibilisation du public. De nombreux Etats membres, ainsi que les programmes et les agences spécialisées des Nations Unies concernés devraient mener tout au long de l’année 1998 des campagnes de promotion, nationales ou thématiques, sur des sujets liés à l’océan.

Durant la dernière décennie, les océans ont donné lieu, de façon croissante, à des textes de droit international. En novembre 1994, douze ans après son adoption, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer est entrée en vigueur. Avec ses 320 articles et 9 annexes, cette large convention - fruit de 14 ans d’intenses négociations entre plus de 150 pays - instaure un ordre juridique global des océans et des mers du monde. Elle fournit des règles précises dans des domaines comme les droits de navigation, la délimitation de la mer territoriale, la juridiction économique, la protection du milieu marin, et prévoit une procédure unique et obligatoire pour le règlement des différends entre Etats.

A la suite de la Conférence des Nations Unies sur l’environnement et le développement (1992) et de plus en plus alarmés par des phénomènes comme la pollution marine, la prolifération des algues nuisibles, les changements du niveau de la mer liés au réchauffement de la planète, ainsi que par les sécheresses et inondations qui peuvent être liées au phénomène El Niño, les Etats membres du système des Nations Unies et ses agences spécialisées ont mis en place divers programmes de coopération interagences, tel que le Système mondial d’observation de l’océan, afin de fournir et échanger les données et prévisions sur les océans.

Bien que les deux-tiers de la population mondiale vivent près des océans et que ceux-ci couvrent les deux-tiers de la planète, cette vaste ressource et les millions d’espèces végétales et animales qui y demeurent restent en grande partie inexplorés et méconnus. De plus, les grands progrès scientifiques de ces dernières décennies ont mis en avant le rôle-clé joué par les océans dans la formation du climat mondial, même si l’interaction entre le système océanique dans son ensemble, l’atmosphère, le temps, le climat reste encore mal comprise.

L’Année internationale de l’océan sera marquée, à travers le monde, par de nombreuses activités et campagnes d’information, dont la plupart seront organisées et menées à bien par des Etats membres. La Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO interviendra comme coordinatrice de l’Année et comme centre d’échange d’information.

Une Charte de l’océan, lancée sous les auspices du gouvernement canadien lors du Sommet de la mer (St.Johns, Terre-Neuve, septembre 1997), sera ouverte à la signature des gouvernements et des particuliers. La Charte n’est pas un texte juridique contraignant mais une déclaration de principe, un engagement à instaurer et respecter des actions communes de préservation des océans et des zones côtières.

Au moins 30 conférences sur des thèmes marins et plus d’une douzaine de croisières de recherche et de formation sont programmées par les Etats membres un peu partout dans le monde. Une série spéciale de timbres sera émise par les Nations Unies en mai 1998 et plus de vingt Etats membres devraient eux aussi émettre des timbres à l’occasion de l’Année internationale de l’océan.

EXPO ‘98, la dernière exposition internationale de ce siècle, aura lieu à Lisbonne (Portugal) du 22 mai au 30 septembre 1998 et elle sera consacrée au thème "Les Océans, un Patrimoine pour le Futur". Les Nations Unies et leurs agences - qui jouent un rôle clé dans la compréhension et la gestion du monde marin - exposeront leurs activités et programmes scientifiques, juridiques, environnementaux liés à l’océan dans leur pavillon d’EXPO ‘98.

Le Directeur général de l’UNESCO, Federico Mayor, a lancé un message spécial pour l’Année internationale de l’océan. Ce message est le suivant:

« Pour la science moderne, la mer est la source même de la vie sur terre. Elle constitue, pour ainsi dire, le "liquide amniotique" d’où jaillit toute forme de vie. Tout au long de l’histoire, l’océan a été vital pour la civilisation humaine, lui offrant une source de richesse, un moyen d’accéder à d’autres terres et à d’autres peuples, ou encore un remède à la surpopulation. Plus de 90 % des ressources vivantes et non vivantes de la planète se trouvent dans un rayon de quelques centaines de kilomètres du littoral. C’est aussi le long ou à proximité des côtes que vivent les deux tiers de la population mondiale. Sans la mer, la vie sur Terre serait impossible. Le globe ne serait qu’un désert aride, à l’image de la planète Mars sur laquelle - paradoxalement - nous en savons sans doute davantage que sur l’océan.

Dans l’imaginaire humain, la mer a toujours été symbole d’immensité et de liberté. Aujourd’hui, à la fin du deuxième millénaire, les rivalités autour de ressources plus rares montrent que cette liberté a des limites. Cette demande croissante fait peser sur le milieu et sur les richesses de la mer une pression de plus en plus forte. L’histoire nous enseigne que la pénurie peut être la cause de conflits et de guerres. Toutefois, on peut espérer que la volonté existe aujourd’hui de donner à nos destinées une autre tournure.

Dans un discours historique prononcé le 1er novembre 1967, l’ambassadeur de Malte aux Nations Unies, Arvid Pardo, demandait un ensemble de réglementations internationales pour empêcher que l’océan ne devienne le théâtre d’une escalade de conflits entre les nations, pour stopper l’empoisonnement des mers par la négligence et pour protéger leurs ressources de l’épuisement. Ses paroles ont été entendues. L’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une déclaration stipulant que toutes les ressources des fonds marins au-delà des limites de la juridiction nationale constituaient le patrimoine commun de l’humanité. Quinze ans plus tard, la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer - d’ores et déjà signée par un chiffre record de 159 pays - a donné à la communauté internationale un véritable cadre juridique portant sur les droits en matière de navigation, les limites des eaux territoriales, les droits de passage, les questions de juridiction économique, la conservation et la gestion des ressources marines vivantes et les mécanismes de règlement pacifique des différends.

Mais un instrument juridique ne vaut que dans la mesure où il est respecté et appliqué. Cette planète n’appartient pas aux adultes d’aujourd’hui, et sa gestion ne saurait être guidée par des considérations à court terme, fondées sur la volonté de réaliser des profits économiques ou d’obtenir un pouvoir politique. Si les signatures de nos enfants étaient requises pour ratifier les décisions touchant à leur avenir, il est certain qu’un grand nombre des actes destructeurs commis aujourd’hui cesseraient. Quoi que nous fassions, l’océan survivra, d’une manière ou d’une autre. La question est de savoir si nous parviendrons à le maintenir dans un état propre à garantir la survie et le bien-être de l’humanité. Le temps nous est compté et le résultat n’est pas garanti.

Les Nations Unies ont proclamé 1998 Année internationale de l’océan pour célébrer cette source de vie et de civilisation. Mais cette année internationale nous rappelle également la nécessité de protéger cette ressource des plus précieuses et d’affirmer notre détermination à sauvegarder les droits des générations futures au nom de qui nous assurons la garde de notre Planète et de ses océans, sources de vie ».

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Contact au Service de presse, tél: 01 45 68 17 46; fax: 01 45 68 56 52
Site Internet de l’Année internationale de l’océan:
http://ioc.unesco.org/iyo/



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